Quels critères pour choisir son matériel de façon responsable
Le 27 Octobre 2009
  


Parmi les 14 critères retenus par Mountain Riders dans l'Eco Guide du matériel de montagne pour évaluer la prise en compte du développement durable par les fabricants, on retrouve la notion de durabilité.

La durabilité.

La durabilité est l’idée qu’un produit qui dure plus longtemps, que l’on peut réutiliser sur plusieurs saisons de suite et/ou que l’on pourra si besoin réparer, aura un impact moins important que le même produit HS au bout d’une saison. Non pas que le fait de durer plus longtemps réduise l’impact environnemental global d’un produit, mais parce qu'il sera réparti sur plusieurs années et que l’on consommera donc moins sur la même période de temps. C’est le principe même du développement durable appliqué à la durée de vie des produits.

Indicateurs de durabilité

  •  La garantie: Au delà du fait que, depuis l’ordonnance 2005-136 du 17 février 2005 qui transpose la directive européenne relative à la garantie des biens de consommation : directive 1999/44 CE du 25 mai 1999, tous les biens de consommation doivent être garantis au moins 2 ans, l’indicateur de durabilité le plus facilement accessible et la plus standardisé reste la durée de la garantie.
  • Un service de réparation: l’existence d’un service de réparation en dehors du SAV, la possibilité effective de remplacer une pièce, une partie défectueuse et/ou usée d’un produit à un prix raisonnable sont d’autres indicateurs intéressant de la durabilité d’un produit.
  • La modularité du produit:  Le produit est modulable, il est possible de le faire évoluer dans le temps pour pouvoir intégrer les innovations et pouvoir l’adapter à notre pratique qui évoluera au fil du temps.

Economie de la fonctionnalité

Une autre façon d’aborder ce problème est de se tourner vers l’économie de la fonctionnalité. Cela consiste à remplacer l’achat d’un bien par l’utilisation de ce même bien dans le cadre d’une prestation de service, ce qui permet au passage de réduire nos consommations d’énergie et de matières premières tout en maintenant notre niveau de vie.

Du coup la relation client/consommateur se trouve bouleversée puisque dans ce cadre, plus le produit dure longtemps et plus l’entreprise gagne de l’argent. Alors que dans une relation commerciale classique, plus le produit dure longtemps et moins l’entreprise peut espérer en vendre.

Des produits réutilisables: Vendre des contrats de service et, de fait, conserver la propriété des produits pour les récupérer en fin de vie représente un encouragement supplémentaire à intégrer l’éco conception et les exigences de recyclage. Cela permet de réduire encore plus l’utilisation de matières premières mais aussi la quantité de déchets à traiter.

 Un modèle à créer dans le sport.

L’université de Lausanne a recensé une trentaine de secteurs, principalement du coté des relations inter entreprises, ou ce principe est appliqué. Des secteurs aussi variés que les appareils photos, les moquettes, l’électroménager, la fourniture d’énergie, les équipement médicaux, etc. Le champ pour expérimenter est donc largement ouvert pour trouver/développer des applications au modèle entreprise/consommateur final dans le marché du matériel de sport.

Face à ce challenge, le plus difficile sera de dépasser cette étape et de redéfinir notre rapport à la propriété. Un choix que l’insoutenabilité écologique de notre mode développement pourrait rendre incontournable.

Pour en savoir plus: un article de la revue Futuribles