Quand la fonte du glacier des Bossons fait réapparaître l’histoire

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Au glacier des Bossons, à Chamonix, la fonte fait peu à peu réapparaître des débris d’avions disparus il y a plusieurs dizaines d’années.

Le Malabar Princess, en 1950.
L’accident de Vincendon et Henry, en 1956.
Le vol Air India 101, en 1966.

Des morceaux d’avions, du métal, du textile… pris dans la glace pendant des décennies et qui ressortent aujourd’hui avec le recul du glacier.

Alors, le 1er septembre, nous sommes allés les ramasser.

Une opération préparée depuis plus d’un an

Depuis plus d’un an, nous travaillons avec Asters – Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie (Asters-CEN74), la Compagnie du Mont-Blanc et de nombreux acteurs locaux pour préparer cette opération.

Sur place, notre programme était bien chargé : marche jusqu’au front du glacier, ramassage et documentation des débris, déplacement des pièces les plus lourdes et préparation de leur évacuation par hélicoptère.

À nos côtés : des AMM de la Compagnie des Guides de Chamonix, la Compagnie du Mont-Blanc, des élus de Chamonix, des agents de la Communauté de Communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc, la DRAC et les équipes du Conservatoire.

Dans cet environnement difficile d’accès, l’hélicoptère est la seule solution permettant d’évacuer en sécurité les pièces les plus lourdes, sans créer de nouvelles dégradations sur le site.

Des déchets, mais pas seulement

Ces débris ne sont pas de simples déchets. Ils racontent une partie de l’histoire de Chamonix et ont une véritable dimension mémorielle.

Il faut donc à la fois dépolluer, protéger les écosystèmes postglaciaires et le cycle de l’eau, mais aussi préserver et documenter ces vestiges.

C’est dans ce cadre que la réalisatrice Margaux Meurisse était présente sur le terrain pour documenter l’opération.

Du ramassage à l’inventaire archéologique

En lien avec la DRAC, cette opération de ramassage est également devenue une opération d’inventaire archéologique.

Quatre archéologues étaient présents sur le terrain pour documenter les vestiges avant leur évacuation.

Chaque pièce retrouvée peut ainsi être replacée dans son contexte et contribuer à préserver la mémoire de ces événements.

C’est tout l’enjeu du travail engagé avec nos partenaires dans le cadre du projet Montagne Zéro Déchet Sauvage : retirer ce qui peut l’être, protéger le milieu naturel, mais aussi prendre le temps de comprendre et de conserver ce que la montagne nous restitue.

Et ce n’est pas terminé

La glace continue de fondre.

De nouveaux vestiges peuvent donc encore apparaître dans les prochaines années.

Nous allons poursuivre le travail engagé avec nos partenaires : évacuation, documentation, analyse et réflexion sur la suite.

Parce qu’ici, la fonte du glacier ne fait pas seulement réapparaître des débris.

Elle fait aussi remonter à la surface des fragments d’histoire qu’il nous faut aujourd’hui prendre le temps de préserver.