L’école dehors prend racine en montagne !

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Et si on sortait de la classe pour apprendre autrement ? Chez Mountain Riders, on est convaincus que la montagne a beaucoup à nous apprendre. Encore faut-il prendre le temps de l’explorer, de l’observer et de s’y retrouver régulièrement.

C’est tout l’objectif de notre projet d’école « à ciel ouvert » : accompagner des enseignant·es pour faire de la nature un véritable lieu d’apprentissage, au même titre que la classe.

Les premières séances ont commencé ! Cette année, trois classes (dans 3 territoires Flocon Vert) vont expérimenter une demi-journée dehors chaque semaine, en toutes saisons et par tous les temps.

Pourquoi l’école dehors ?

Faire classe dehors, c’est permettre aux enfants de bouger davantage, de prendre confiance, d’apprendre à vivre ensemble et de développer leur curiosité. C’est aussi leur donner l’occasion de mieux connaître leur environnement et de créer un lien avec le vivant.

Notre idée n’est donc pas d’ajouter des sorties au programme, mais bien d’installer une pratique régulière, qui trouve sa place dans l’année scolaire.

3 classes, 3 territoires de montagne

Pour cette première année, nous accompagnons trois classes pilotes, soit environ 60 élèves, sur trois territoires engagés dans la démarche Flocon Vert :

  • Aime-La-Plagne, en Savoie
  • La vallée de Chamonix, en Haute-Savoie
  • Lans-en-Vercors, en Isère

Trois territoires, des environnements différents et autant d’occasions d’expérimenter, de tester et de partager ce qui fonctionne.

L’objectif est aussi de mieux comprendre ce dont les écoles ont besoin pour faire une vraie place au dehors dans leur quotidien.

Une demi-journée dehors chaque semaine

Concrètement, chaque classe sort une demi-journée par semaine. On prépare le matériel, on rejoint à pied le lieu choisi, puis place aux apprentissages !

Sur le terrain, les élèves peuvent participer à des activités préparées par l’enseignant·e, observer leur environnement, expérimenter, bouger et jouer librement. Un temps de bilan permet ensuite de revenir sur ce qui a été vécu et de faire le lien avec les apprentissages en classe.

Et parce que la nature change au fil des saisons, on y retourne régulièrement, par tous les temps. Une flaque, une feuille qui change de couleur ou les premières traces du printemps peuvent devenir de véritables sujets d’observation.

Un coin de nature à moins de 30 minutes à pied de l’école

Pour que les sorties soient faciles à organiser et puissent devenir une habitude, le lieu de classe doit se trouver à moins de 30 minutes à pied de l’école.

On recherche un environnement naturel varié, avec de quoi observer, explorer et mener des activités pédagogiques : un espace boisé, du relief, différentes espèces végétales et animales… Le site doit aussi être adapté à l’accueil des élèves et permettre de pratiquer dans de bonnes conditions de sécurité.

L’idée, c’est de retrouver le même endroit chaque semaine. Petit à petit, les enfants apprennent à le connaître, repèrent ses évolutions et prennent leurs marques. Ce lieu devient un point de rendez-vous familier, un espace où l’on revient et où l’on découvre de nouvelles choses à chaque saison.

20 séances pour aider les enseignant·es à gagner en autonomie

Pour faire classe dehors, il faut pouvoir expérimenter, essayer des choses et trouver son propre fonctionnement. C’est pourquoi chaque classe bénéficie de 20 séances d’accompagnement avec un·e éducateur·rice à l’environnement.

L’objectif est d’aider les enseignant·es à prendre confiance et à intégrer progressivement cette pratique à leurs habitudes pédagogiques.

Au fil des séances, on observe les élèves et la dynamique du groupe, on teste différentes façons d’enseigner dehors et on prépare les activités avec l’enseignant·e. On travaille aussi sur le lien entre ce qui se passe dehors et les programmes scolaires.

L’accompagnement permet de partager des outils, de prendre du recul sur les séances et d’adapter les pratiques aux besoins de chaque classe.

Le but ? Que les enseignant·es puissent continuer à faire classe dehors de manière autonome, même après la fin de l’accompagnement.

Un projet qui se construit ensemble

Pour que l’école dehors fonctionne dans la durée, il faut pouvoir compter sur plusieurs personnes.

Chez Mountain Riders, nous coordonnons le projet, assurons son suivi et faisons le lien entre les différents acteurs. Nous rassemblons aussi les ressources et les expériences pour que chacun puisse apprendre des autres.

Les enseignant·es font le lien avec les apprentissages scolaires. Les éducateur·rices à l’environnement apportent leur expérience de la pédagogie nature et accompagnent les classes sur le terrain.

Les familles ont aussi leur place dans l’aventure : elles sont informées du projet, peuvent participer ponctuellement aux séances et aider les enfants à se préparer aux conditions météo. Elles peuvent également contribuer à l’aménagement du lieu de classe.

Enfin, les communes et les acteurs locaux sont essentiels pour identifier les sites adaptés, faciliter leur accès et contribuer à leur préservation.

L’école dehors ne concerne donc pas seulement ce qui se passe pendant la séance. C’est aussi une façon de faire entrer davantage le territoire dans la vie de l’école et de créer des liens entre les enfants, les familles et les personnes qui font vivre ces lieux.

De 3 classes pilotes à un réseau d’école dehors en montagne

Cette première année est aussi l’occasion de prendre du recul et de partager ce que l’on apprend sur le terrain.

Comment choisir un lieu adapté ? Comment gérer un groupe dehors ? Quelles activités fonctionnent le mieux ? Quels sont les freins rencontrés par les enseignant·es et comment les lever ?

Pour avancer sur ces questions, nous coordonnons un groupe de travail dédié à l’école dehors en montagne, qui réunit enseignant.es et éducateur.rices à l’environnement.

L’idée est simple : ne pas repartir de zéro à chaque fois. En partageant les expériences, les outils, les difficultés et les solutions trouvées, nous voulons construire une méthodologie commune, que d’autres équipes pourront à leur tour utiliser et adapter.

À terme, nous souhaitons faire grandir un réseau de l’école dehors en montagne, pour permettre aux personnes qui se lancent de s’appuyer sur les expériences des autres, d’échanger leurs pratiques et de continuer à apprendre ensemble.

3 classes aujourd’hui. Un réseau demain.

Et maintenant, place au terrain !

Les premières séances sont lancées. Il reste maintenant à expérimenter, observer, ajuster et apprendre tout au long de l’année, avec les enseignant·es, les élèves et les acteurs des territoires.

Et franchement, une classe dehors, avec les saisons qui changent et tout ce qu’il y a à découvrir autour de soi, c’est une expérience qu’on aurait bien aimé vivre quand on était à l’école !